7 - Le grand livre akashique
- salim Barack
- 11 nov. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 mars 2025
Je pénètre dans un endroit qui ressemble étrangement à celui où mes proches m’ont accueilli plutôt. L’un d’eux est là : mon grand-père maternel. Il est entouré de trois autres êtres que je ne reconnais pas. Peut-être les ai-je identifiés sur-le-champ, mais aucun souvenir précis à leur sujet ne semble avoir été conservé dans ma mémoire. L’atmosphère est paisible, presque solennelle. La pénombre ambiante est adoucie par une lumière vacillante, comme celle d’un feu de bougie, illuminant à peine leurs visages, ou du moins ce qui s’apparente à des visages.
Les êtres paraissent assis. Devant eux se trouve un immense livre ouvert, posé sur une table basse. Le livre est gigantesque, imposant, presque irréel.
L’un des êtres tourne lentement les pages de ce livre. On m’explique que ces pages racontent mes vies. Je regarde, fasciné, alors que mes vies défilent sous mes yeux. Ils connaissent tout de moi. Ces êtres seraient-ils des guides ? Leur omniscience semble englober l’intégralité de mon parcours dans l’univers.
Je comprends peu à peu que ma vie actuelle n’est qu’un fragment, un épisode parmi une infinité d’autres. Ma vie sur Terre est loin d’être unique. J’apprends également que je n’ai pas toujours été un homme. J’ai été femme aussi dans d’autres existences. Certains souvenirs émergent brièvement : des images, des émotions, des sensations diffuses. Je crois même avoir été un animal dans une vie antérieure. Mais ces souvenirs restent confus, fragmentaires, et je ne m’y attarde pas.
Après la lecture du grand livre, je suis guidé vers un autre endroit. Ici sont « rangées » mes vies, côte à côte : celles que j’ai vécues et celles à venir. Quelle curiosité ! Devant moi, un meuble étrange se dresse, avec des boîtes. Chaque boîte contient la mémoire d’une de mes existences. Cet endroit est encore plus sombre que le précédent. La lumière y est si faible que je peine à distinguer les formes suspendues et les boîtes empilées les unes sur les autres.
Puis vient le moment redouté : le jugement. Ou plutôt, l’auto-jugement. Mes erreurs me sont dévoilées, sans filtre. Je revis un épisode particulièrement marquant : sur Terre, j’avais abandonné une jeune fille très proche de moi. Elle avait terriblement souffert de cet abandon, une douleur qui s’était étalée sur des années, m’apprend-on.
Et là, tout bascule. Je ne suis plus seulement moi-même. Je deviens cette fille. Je ressens tout ce qu’elle a ressenti. Je porte même l’une des robes qu’elle avait lorsqu’elle faisait partie de ma vie. Une angoisse suffocante m’envahit, accompagnée d’une tristesse si intense qu’elle me déchire l’âme. C’est une douleur indescriptible, une véritable nuit de l’âme. Une tristesse si profonde qu’elle semble découper mes entrailles, morceau par morceau.
Je suis totalement nu, vulnérable. Aucun refuge mental, aucun raisonnement, aucune justification ne vient atténuer cette souffrance. Et pour cause : cette punition, c’est moi-même qui me l’inflige. On peut fuir son bourreau, mais on ne peut pas fuir soi-même.
Une étrange dualité s’installe. Je suis à la fois elle et moi, victime et coupable. Je ressens sa détresse, sa solitude, son angoisse. Et simultanément, je ressens ma culpabilité, mon amertume. Suis-je un seul être ou deux ? Ni l’un ni l’autre, en réalité. Ces notions de quantité sont propres à la Terre. Ici, devant ce grand livre karmique, je ne suis ni un homme, ni un humain. Je suis une conscience pure, une information brute. Je suis tout à la fois : elle, moi, et l’ensemble de nos émotions entremêlées.
Après cette scène de torture émotionnelle, d’autres fragments émergent. Je revis d’autres vies, d’autres incarnations, où je prends la place de différentes personnes, y compris l’un de mes frères. Mais ces souvenirs restent trop épars, trop flous pour que j’en fasse une restitution claire.
Je reviens finalement auprès des êtres. Ils ne me jugent pas. Ils ne me culpabilisent pas. Bien au contraire, ils m’entourent d’une profonde empathie et d’une tolérance inestimable. Je ressens leur soutien, mais aussi une prise de conscience accrue de ma responsabilité. Une responsabilité qui dépasse les simples notions terriennes.
Je quitte ce tribunal de l’âme, guidé par un être qui surgit de nulle part. Il me fait signe de le suivre.
Image par <a href="https://pixabay.com/fr/users/lwcy-19110/?utm_source=link-attribution&utm_medium=referral&utm_campaign=image&utm_content=1371946">Lwcy</a> de <a href="https://pixabay.com/fr//?utm_source=link-attribution&utm_medium=referral&utm_campaign=image&utm_content=1371946">Pixabay</a>



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