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2 - Le tunnel

  • salim Barack
  • 11 nov. 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 mars 2025

La réponse à ma question ne tarde pas à arriver. Je distingue un tout petit disque de lumière. Ce petit disque lumineux commence à s’agrandir. Je me sens monter vers cette lumière à une vitesse inimaginable. Plus je m’élève, plus ce cercle devient immense. En réalité, plus cette lumière s’étend, plus je prends conscience de mon ascension. Cela semble logique. Et soudain, c’est une évidence : je suis dans un tunnel.


Je réalise maintenant qu’il s’agit d’un tunnel cylindrique, puisque la lumière au bout est ronde. Est-ce le fameux tunnel de la mort dont parlent les anciens ? Je n’ai jamais cru à ces récits. Et pourtant, j’y suis ! Une amie m’en avait parlé en 1994 : un tunnel noir, disait-elle, par lequel on passe tous après la mort. À l’époque, j’avais souri, sceptique, en lui répondant : « Mais comment peux-tu en être sûre ? Tu l’as vu de tes propres yeux ? ». J’appartenais à cette catégorie de personnes qui ne croient que ce qu’elles voient. Eh bien, aujourd’hui, je le vois. Pire encore, j’y suis.


Il n’y a personne à mes côtés. Le silence est total, presque surnaturel. C’est calme, terriblement calme. Pas un bruit. Le néant. L’espace est immense, sans limites perceptibles. Je ne distingue aucune paroi, rien autour de moi. Pourtant, la sensation de mouvement est indéniable : je file à une vitesse vertigineuse. Mais étrangement, j’ai tout le temps nécessaire pour observer, ressentir, réfléchir. Ce paradoxe m’intrigue : tout va vite, mais ma conscience s’étend, explorant chaque instant avec une profondeur nouvelle.


C’est comme si je pénétrais une autre réalité, une dimension différente où le temps et l’espace obéissent à des lois nouvelles. Enfin, j’arrive au bout du tunnel. La petite lumière s’est transformée en une immensité éblouissante. En réalité, elle l’était déjà ; je ne faisais que m’en rapprocher. Quelle était la distance initiale ? Mille, dix mille, un million de kilomètres ? Peu importe. Ce que je sais, c’est que cette lumière n’est ni petite, ni simplement ronde. Comment la décrire ? C’est un gigantesque volcan d’où jaillissent des flammes blanches. Ces flammes montent haut, très haut, se dispersent sur un immense rayon, puis disparaissent à l’horizon pour laisser place à d’autres vagues lumineuses, infiniment renouvelées.


Je pénètre ce volcan d’amour. Mon corps – ou plutôt ma conscience, car mon corps terrestre est resté sur Terre, à des millions d’années-lumière d’ici, qui sait ? – se laisse transporter par ces flammes blanches. Elles traversent mon être, déclenchant des vibrations puissantes et des décharges émotionnelles d’une intensité indescriptible. Ces sensations dépassent tout ce que j’ai pu connaître. Imaginez une extase mille fois amplifiée : c’est ce que je vis.


Dans cet univers de pure énergie, je flotte, je me fonds. Mon « corps » devient une particule minuscule, invisible, qui se laisse porter par les courants de ce volcan. Je nage dans cette lumière comme un poisson dans une mer calme. Ce qui n’était qu’un point lumineux vu depuis le tunnel s’est transformé en un océan d’amour universel. Je m’y baigne, libre et léger, comme un oiseau traversant un nuage. C’est la quintessence du bien-être.


La blancheur de cette lumière est unique, incomparable. Elle évoque la pureté du coton, mais elle est différente de la lumière éclatante du soleil ou de l’éclat lunaire diaphane d’un jour clair. Cette lumière est douce, enveloppante, protectrice. Elle me traverse et je la traverse. Elle est en moi, et je suis en elle. Nous fusionnons. Je ne la perçois plus comme un élément extérieur ; elle est devenue mon univers, ma respiration, mon essence.


Débarrassé de mon corps physique, tout m’est désormais possible. Ici, je ne suis plus malade, plus fragile. Je n’ai besoin de rien. Je ne manque de rien. Je suis tout.

 














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